Ma journée à Saqqarah ...suite
Saqqarah est une nécropole située sur la rive occidentale du Nil, proche de Memphis, ancienne capitale de Kemet (Egypte). Moins spectaculaire que le site de Giseh mais tellement plus riche, le site s'étend sur 7 km de long et 1.5 km de large. Il y a toutes sortes de monuments funéraires : des pyramides (Djeser, Ounas,

Pépi 1er et Pépi II pour les plus célèbres) et des mastabas datant de l'ancien empire (2685-2180 avant JC) ; des tombeaux civils datant du nouvel empire (1552 -1069 avant JC ) ; des nécropoles d'animaux sacrés.

C'est à l'architecte prêtre Imhotep, grand vizir du roi Djeser (III dynastie) que l'on doit la construction de la pyramide à degrés (6) autour de laquelle s'organisent les éléments nécessaire pour le passage de l'âme dans l'au-delà. Ici tout a été créé pour que survive le roi.
La grande enceinte délimite une aire de 15 ha où 14 fausses portes ont été dessinées,
mais une seule véritable entrée permet de pénétrer dans l'enclos de Djeser. Elle donne accès à une galerie couverte dont la toiture est soutenue par une élégante colonnade.

La galerie débouche sur une vaste cour avec en face de moi le tombeau sud dans lequel on pénétrait par une pente douce comme dans les pyramides et qui, selon toute vraisemblance servait de lieux d'inhumation des vases canopes (vases contenant les viscères du défunt). Mais avant tout, il s'agit de la 2ème tombe de Djeser destinée à affirmer son rôle de souverain des deux terres : le tombeau sud et le tombeau nord (pyramide) symbolisent respectivement la Haute et la Basse Egypte.

Juste un demi-tour sur ma droite et la pyramide à degré se dresse devant moi. Construite en plusieurs étapes, elle mesure 61 m de haut.
Plusieurs bâtiments dépendant directement de la pyramide sont aménagés autour de celle-ci.

Voici certainement les restes d'un sanctuaire
A côté des monuments de Djeser se trouvent la pyramide de Ounas, dernier souverain de la V ème dynastie(2375-2345 avant JC). Regardez le cartouche du pharaon Ounas Son complexe funéraire est en bon état de conservation ce qui permet de distinguer les différents éléments qui le composent. Du temple de la vallée (lieu d'accueil et de purification du mort, passage obligé et nécessaire du mort vers son tombeau) part une chaussée montante, longue de 700 m. Elle est encore couverte et décoré par endroit, c'est là que j'ai découvert le cartouche du pharaon. Elle conduit au temple funéraire, lieu où l'on rendait une culte aux statuts royales et où l'on déposait des offrandes pour que survive le souverain.

Voilà, en quelques mots, une partie de la nécropole de Saqqarah qui est dominée par la présence imposante du complexe funéraire de Djeser et donc liée a l'Ancien empire. Mais il ne faut surtout pas ignorer l'importance de Saqqarah aux XVIII et XIX dynasties. En fait la richesse du site tient au fait que les édifices de ce complexe remontent pour les plus anciens à la Ire dynastie(3150-2890) et pour les plus récents à l'Egypte copte (VI è siècle après JC)

Voici enfin pêle-mêle quelques photos prises avec la complicité d'un égyptien travaillant sur le site ...


Fragment de fresque concernant le roi Ounas, on y retrouve ses titres.Voici mon copain Mustapha !

Pour finir, je me suis arrêtée au musée récemment ouvert. J'y ai vu la plus vieille momie royale connue à ce jour, celle de Mérenré (2297-2292). J'ai également appris qu'à l'origine l'architecture était d'ordre végétal (branches entrelacées, clayonnages, faisceaux de roseaux ou de palme). A l'époque thinite (3150-2649 environ), le bois et la pierre se combinent et c'est Imhotep (architecte de Djeser) qui le premier bâtira tout en pierre.
Il a également une bibliothèque où j'ai découvert un hommage au français Jean Luc Lauer, émérite égyptologue qui consacra sa vie entière à élucider les mystères de cette grande nécrople avant de nous quitter en mai 2001.
Il est l'heure de rentrer, le musée ferme ses portes et Saqqarah sombre dans le silence. les rituels vont pouvoir commencer dans le silence de la nuit.
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